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Gouvernance IA : Pourquoi Et Comment La Mettre En Place ?

Hélène Clary le 7 juillet, 2025

L’intelligence artificielle est ancrée dans la prise de décisions de plus en plus critiques dans nos entreprises : qui obtient un prêt, qui est embauché, quel contenu est recommandé… Pourtant, beaucoup d’organisations déploient ces systèmes sans cadre clair ni supervision humaine.

Comme le dit Guru Sethupathy, expert en gouvernance IA :

« La gouvernance est ce qui permet de créer la confiance, et cette confiance accélère l’innovation. »

Autremend dit, c’est la gouvernance qui permet de créer un climat de confiance. Et cette confiance rend l’innovation plus rapide et plus fluide

Aujourd’hui, sans cette confiance, la plupart des projets IA avancent lentement car les risques légaux, réputationnels et éthiques sont mal maîtrisés.

Infos clés :

  • L’actualité montre que les régulations se précisent mais manquent encore de clarté.
  • La gouvernance IA, ce n’est pas qu’un exercice juridique : c’est une promesse d’éthique, de confiance et de performance.
  • Des experts et acteurs internationaux insistent : il faut une gouvernance humaine, ajustée aux risques, et pensée à l’échelle mondiale.

L’actualité confirme l’urgence de gouverner l’IA

UE : Code de bonnes pratiques retardé à fin 2025

Alors que l’AI Act prévoyait un guide pratique pour les modèles comme ChatGPT, la Commission européenne a annoncé un report de plus de six mois : ce code n’arrivera qu’à la fin 2025.

Cette incertitude réglementaire freine les entreprises dans leur mise en place d’une gouvernance claire.

44 PDG européens demandent un report de l’AI Act

Des dirigeants d’Airbus, BNP Paribas et Philips ont signé une lettre ouverte pour demander une pause de deux ans, invoquant la complexité des règles et le risque pour la compétitivité.

Cela soulève un dilemme : entre régulation urgente et risque d’étouffer l’innovation.

Tensions US : tentative de bloquer les régulations locales

Le Sénat américain a rejeté à 99 contre 1 une mesure proposée dans un projet de loi visant à interdire toute régulation de l’IA par les États pendant dix ans !

Cela montre l’importance du contrôle local, et le danger d’une dérégulation totale.

Pourquoi cela compte pour les entreprises tricolores ?

  • Flou réglementaire = frein opérationnel : sans directives claires, difficile d’investir dans la gouvernance IA.
  • Pression concurrentielle : sans adaptation, les structures françaises pourraient reprendre du retard face à des acteurs moins régulés.
  • Besoin d’un cadre local fort : pour qu’ETI et startups puissent se comparer à l’échelle nationale, tout en alignant leurs pratiques sur les standards européens.

Pourquoi la gouvernance IA est-elle un impératif stratégique ?

Et question sous-jacente, quels sont les risques si on ne fait rien ?

L’absence de gouvernance expose les entreprises à des biais discriminatoires, à des décisions opaques, à des violations réglementaires et à une perte de crédibilité.

On l’a vu avec la carte Apple, où les femmes se voyaient accorder des limites de crédit inférieures aux hommes, sans explication claire.

Comme le résume Dave Prakash, Directeur IA chez Booz Allen :

« Gouverner l’IA, ce n’est pas cocher des cases pour être conforme. C’est s’assurer que vos systèmes produisent un réel impact positif. »

La gouvernance ne doit pas être un simple exercice de conformité, elle doit produire des résultats concrets : plus d’équité, plus de transparence, moins de risques.

Quels sont les piliers d’une gouvernance IA efficace ?

Comment limiter les biais dans les modèles IA ?

Les biais proviennent souvent des données historiques ou des algorithmes eux-mêmes. Pour les réduire, il faut auditer les datasets, équilibrer les variables et corriger les discriminations détectées avec des outils comme AI Fairness 360.

Guru Sethupathy rappelle que cette démarche doit être adaptée au niveau de risque du projet. Un chatbot interne n’a pas besoin du même niveau de contrôle qu’un moteur de scoring bancaire.

Pourquoi l’humain doit-il rester responsable des décisions IA ?

L’IA n’est qu’un outil d’aide à la décision. Au final, c’est l’humain qui doit rendre des comptes. Marina Jirotka, chercheuse à Oxford, résume très bien cette responsabilité humaine :

« Au bout du compte, ce sont les humains qui portent la responsabilité des IA. C’est à eux de corriger les biais et de garantir que l’éthique est respectée. »

Cela veut dire que dans chaque cas critique (santé, finance, RH), une personne doit être capable d’expliquer la décision, d’intervenir si elle est incorrecte et de corriger le modèle si besoin.

Comment garder le contrôle face à la complexité croissante de l’IA ?

L’évolution technologique va vite. Trop vite parfois. Wendell Wallach, expert en éthique des technologies, met en garde :

« Le développement technologique pourrait devenir un monstre incontrôlable, si on ne lui pose pas de limites. »

Selon lui, sans gouvernance, nous risquons de perdre la maîtrise de l’IA, qui deviendrait un système autonome sans contrôle humain réel. Il faut donc poser des limites dès maintenant.

Comment comment instaurer une gouvernance IA dans votre entreprise ?

Voici 5 actions prioritaires pour structurer pour vos pratiques :

  • Auditez vos données et vos modèles pour détecter et corriger les biais.
  • Intégrez des outils d’explicabilité comme SHAP ou LIME dans vos notebooks et dashboards.
  • Documentez vos processus IA et définissez clairement qui est responsable de quoi.
  • Formez vos équipes métier et data à ces enjeux.
  • Mettez en place une supervision humaine pour valider les décisions critiques.
  • Créez un comité éthique ou de gouvernance IA, selon la taille de votre organisation.

Conclusion : Sans gouvernance, pas de confiance ni d’innovation IA

Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, la gouvernance n’est plus un choix mais une condition indispensable pour garantir des systèmes éthiques, fiables et conformes aux attentes sociétales.

Comme l’illustrent les débats européens et américains, les entreprises françaises évoluent dans un cadre mouvant où les règles se précisent mais restent incomplètes. La bonne approche ? Ne pas attendre des directives parfaites pour agir. Commencer dès maintenant à auditer ses modèles, documenter ses processus, impliquer les métiers et sécuriser les décisions critiques.

Et vous, où en êtes-vous dans la mise en place d’une gouvernance IA dans vos équipes data et produit ?

FAQ – Questions fréquentes sur la gouvernance IA

Quand faut-il absolument superviser une décision prise par une IA ?

Dès qu’une décision a un impact direct sur une personne ou une organisation, ou qu’elle présente un risque légal. Exemples concrets :

  • Refuser l’accès à un service public Dans ces cas, la supervision humaine permet de vérifier la logique de la décision et d’assumer la responsabilité finale.
  • Accorder ou refuser un crédit bancaire
  • Sélectionner un candidat à un emploi
  • Diagnostiquer une pathologie
Comment savoir si mon modèle IA est biaisé ?

Vous devez auditer vos données et vos modèles. Les outils comme AI Fairness 360, SHAP ou LIME aident à détecter les écarts de traitement entre différents groupes (genre, âge, origine…).
Quelques indicateurs à suivre :

  • Erreurs différenciées selon les segments de population
  • Disparate impact (écart d’impact entre groupes)
  • Equalized odds (égalité des taux d’erreurs)

Un audit doit être réalisé avant le déploiement, puis régulièrement en production.

Comment expliquer simplement une décision IA à un utilisateur ou à un client ?

Vous pouvez utiliser des outils d’explicabilité comme SHAP, qui indiquent quelles variables ont eu le plus de poids dans la décision.

Par exemple :

« Votre demande de prêt a été refusée car vos revenus sont inférieurs au seuil requis et vous avez peu d’antécédents de crédit positifs. »

Cela permet de rendre la décision compréhensible et contestable, comme le demande le RGPD.

Quelles régulations doit-on suivre en France et en Europe ?

AI Act européen (2025-2026) : classement des IA par niveau de risque, exigences fortes sur les systèmes à haut risque (finance, santé, éducation…).

RGPD : obligation de transparence et de protection des données personnelles utilisées par les IA.

CNIL (France) : recommandations sur la transparence algorithmique et la responsabilité.

ISO 42001 : norme de gouvernance IA volontaire, mais de plus en plus adoptée.

Faut-il attendre que toutes les régulations soient finalisées pour agir ?

Non. L’AI Act et le RGPD donnent déjà une direction claire.

Les entreprises les plus matures mettent en place :

  • Des outils d’explicabilité intégrés à leurs pipelines data Attendre un cadre parfait serait prendre du retard face aux exigences des clients et partenaires.
  • Des chartes d’éthique IA internes
  • Des audits de leurs modèles existants
Comment organiser la gouvernance IA dans une PME ou une ETI française ?

Même dans une structure de taille moyenne, vous pouvez :

  • Former les métiers aux biais algorithmiques et à l’explicabilité
  • Nommer un référent éthique IA (data manager, DPO, CTO…)
  • Documenter les modèles IA déployés
  • Mettre en place une revue régulière des modèles (mensuelle ou trimestrielle)
  • Intégrer la gouvernance IA dans les comités Data / IT existants

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